MEDEF Actu-Eco de la semaine du 10 au 13 avril 2012

FRANCE

1.Déficit commercial en février 2012 : nouvelle dégradation imputable à la facture énergétique

2.Production industrielle en février 2012 : troisième mois consécutif de baisse

3.Prix à la consommation en mars 2012 : +2,9% l’an sur 3 mois, +2,3% sur 12 mois

4.Immatriculations de voitures neuves au 1er trimestre 2012 : -11% sur un trimestre, -22,3% sur un an

INTERNATIONAL

5.Marché du travail aux Etats-Unis en mars 2012 : ralentissement des embauches, baisse du chômage

6.Tendances récentes des marchés

Le déficit commercial FAB-FAB s’est creusé de 0,8 milliard d’euros en février
2012
, passant de -5,6 milliards d’euros en janvier à -6,4 milliards d’euros. C’est le résultat d’une croissance plus modérée des exportations (+1%) que des importations (+2,8%), la poussée de ces dernières étant imputable aux achats de produits pétroliers (vague de froid, travaux de maintenance dans trois raffineries en France).

Au-delà des fluctuations au mois le mois, les importations des  trois derniers mois connus (décembre-janvier-février)  ont progressé plus vivement que les exportations par rapport aux trois mois précédents.

En glissement sur douze mois, le déficit FAB-FAB s’est creusé de plus de 12 milliards d’euros sur un an  (il est  passé de -57,7 à -69,9 milliards d’euros milliards d’euros entre février 2011 et février 2012). 
En données FAB-CAF*, il s’est creusé de 12,4 milliards (-86,8 milliards en février 2012, contre -74,4 milliards d’euros un an auparavant).

*Importations CAF (Coût, Assurance, Fret) : les importations en France sont valorisées avec les coûts d’acheminement (transport et assurance) jusqu’à la frontière française. C’est la définition retenue par les Douanes pour suivre le détail des importations au plan géographique et sectoriel.

En termes sectoriels, cette dégradation de 12,4 milliards d’euros est imputable aux échanges énergétiques, dont le déficit (-64 milliards d’euros) n’a jamais été aussi élevé. Toujours en glissement sur 12 mois, l’excédent agroalimentaire s’est accru de +3 milliards d’euros entre février 2011 et février 2012, et le déficit industriel s’est creusé de -31,6 à -33 6 milliards d’euros. Toutefois, il s’est réduit depuis juillet 2011 (point haut avec -38,2 milliards d’euros), du fait d’une progression des exportations (+12,2%) plus importante que celle des importations (+7,6%).

En termes géographiques, le creusement du déficit est imputable pour 50% à celui des échanges avec les autres pays de l’Union européenne (de -32,4 milliards d’euros en février 2011 à -38,7 milliards d’euros en février 2012 en glissement sur 12 mois). Dans le même temps le déficit avec l’Asie est resté inchangé, avec -28,5 milliards d’euros, qui représente désormais 74% du déficit avec l’Union européenne (88% un an plutôt).

Toujours en données FAB-CAF et en glissement sur douze mois, le creusement du déficit français de -12,4 milliards d’euros contraste avec l’accroissement de +8 milliards d’euros  l’excédent allemand, monté de +152 à +160 milliards d’euros entre février 2011 et février 2012.


L’indice de la production dans l’industrie manufacturière (hors construction et industries extractives, énergie et eau), a de nouveau baissé en février 2012, pour le troisième mois consécutif (-1,2% en volume, après -0,1% en janvier et -1,5% en décembre). Sur un an, il s’est replié de -3,7%.

En moyenne mobile sur trois mois (décembre – janvier – février), l’indice accentue sa baisse : -1,1% par rapport aux trois mois précédents, après -0,8% en novembre 2011 et -0,1% en août 2011. Ce repli se retrouve dans la plupart des grands secteurs. Il est particulièrement marqué dans les activités de l’énergie (cokéfaction et raffinage, où l’indice a chuté de -7,2%, en raison des arrêts de raffineries pour maintenance, comme celle de  Petit – Couronne). En revanche, l’indice a augmenté de 2% dans la chimie.

Sur un an, la baisse de -1,6% de l’indice moyen des trois derniers mois connus recouvre des évolutions très contrastées : -10,8% dans l’automobile, -9,3% dans le textile-habillement-cuir, mais +8% dans les matériels de transport autres que l’automobile (aéronautique).

Cette orientation à la baisse de la production industrielle en ce début d’année 2012 conforte la probabilité d’une contraction de l’activité au 1er trimestre 2012.


L’indice des prix à la consommation a augmenté de  +0,8% en mars 2012 en données brutes (+0,4% en février), mais de +0,4% en données CVS (+0,1% en février). Cette accélération résulte largement de la vive remontée des prix des produits alimentaires frais (+2,9%), et à un moindre degré des produits manufacturés (après les soldes de février). Sur un an, la hausse est restée stable entre février et mars (+2,3%).

La hausse des prix entre décembre 2011 et mars 2012 (+2,9% l’an) ne s’est pas accélérée par rapport à celle des trois mois précédents (+3% l’an). Elle recouvre :

  • un nouveau renchérissement des produits énergétiques;
  • une accélération des prix des produits alimentaires (produits frais) ;
  • une hausse plus modérée  des prix des services ;
  • un tassement des prix des produits manufacturés.

 Hors tarifs publics, énergie et produits frais, l’indice des prix « sous-jacent » de mars a augmenté de +1,2% l’an sur trois mois (+1,6% sur douze mois). Ce chiffre confirme qu’au-delà de facteurs exogènes (pétrole), l’inflation n’est pas un risque dans un contexte de basses eaux conjoncturelles et de chômage élevé.


Le redressement des immatriculations de voitures neuves de 1,1% en  mars 2012 recouvre une forte progression  pour les voitures étrangères (+5,9%) et une diminution pour les voitures françaises (-2,9%). Sur un an, les immatriculations se sont réduites de -18,2%.

Entre le 4ème trimestre 2011 et le 1er trimestre 2012, les immatriculations se sont repliées de -11% (+3,1% au trimestre précédent) : 4 de ces baisses sur 5 concernent les voitures de marques étrangères (-17,8%, contre -3,9% pour les voitures de marques françaises).

La chute de -22,3% sur un an des immatriculations du premier trimestre 2012 tient à un effet de base, du fait du niveau élevé enregistré au 1er trimestre 2011,  ombre portée de la fin de la prime à la casse.

Les évolutions du marché sont moins favorables en France que pour la moyenne de la zone euro, notamment qu’en Allemagne où la demande se redresse, sur un trimestre comme sur un an. En France, avec 1,941 millions de véhicules immatriculés en données annualisées, le marché des voitures neuves au 1er trimestre 2012  est inférieur de 8,5% à sa moyenne de  2000-2011. Il l’est de 12% pour la zone euro (-35 à -40% en Espagne et en Italie, +1% en Allemagne). 


Les créations d’emploi dans le secteur non agricole américain ont nettement
ralenti en mars 2012
: +120 000. Ces emplois nouveaux proviennent du secteur privé (+121 000),  alors que 1 000 emplois ont été détruits dans le secteur public.
Ce n’est pas un mauvais chiffre, même s’il est  décevant après les quelque 250 000  enregistrés en moyenne au cours des trois mois précédents, tandis que les enquêtes de conjoncture continuent de témoigner d’une conjoncture toujours vigoureuse. 

Le taux de chômage américain poursuit sa baisse entamée fin 2009. A 8,2%, il est à son plus bas niveau depuis janvier 2009 (7,8%), mais reste presque deux fois supérieur à celui qui prévalait avant la récession. En prenant en compte les personnes en sous-emploi, dont notamment celles à temps partiel pour des raisons économiques, le taux de chômage est nettement plus élevé, mais il continue de se réduire (14,5% en mars 2012, après 14,9% en février et 15,7% en mars 2011).



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