MEDEF Actu-Eco de la semaine du 14 au 18 mai 2012

FRANCE

1.Croissance du PIB au 1er trimestre 2012 : nulle, comme pour la moyenne de la zone euro

2.Emploi salarié dans le secteur marchand non agricole au 1er trimestre 2012 : +10 200 postes, après deux trimestres de baisse

3.Prix à la consommation en avril 2012 : +1,9% l’an sur trois mois, +2,1% sur un an

4.Créations d’entreprise en avril 2012 : -9,8% (-3,5% hors auto-entrepreneurs)

EUROPE

5.Prévisions de la Commission européenne – croissance : récession pour 2012 dans la zone euro (-0,3%) et lente reprise en 2013 (+1%)

6.Prévisions de la Commission européenne – finances publiques : divergence de trajectoire entre la France et l’Allemagne

INTERNATIONAL

7.Tendances récentes des marchés

BRÈVE

Croissance du PIB de la France au 2ème trimestre 2012 selon la Banque de France : 0%


Selon la première estimation de l’INSEE, la croissance du PIB au 1er trimestre 2012 a été nulle, après une faible progression au 4ème trimestre 2011 (+0,1%, contre +0,2% dans l’estimation précédente). Entre le 1er trimestre 2011 et le 1er trimestre 2012, la croissance a été de +0,3%, chiffre qui confirme le tassement de la croissance entamé au début de l’année 2011.
En termes sectoriels, les comptes font apparaître notamment un repli  de la production manufacturière (arrêt de certaines raffineries), une accélération de la production d’énergie (vague de froid en février) et une faible croissance de la production de services.

Cette stabilité du PIB au 1er trimestre 2012 résulte d’une contribution légèrement positive des stocks (+0,1 point) qui a compensé la contribution légèrement négative du commerce extérieur (-0,1 point), résultat d’exportations moins dynamiques que les importations.  La contribution positive de la demande intérieure hors stock (+0,1 point) tient à la hausse de +0,2% des dépenses de consommation des ménages et du repli de -1,4% de l’investissement des entreprises (après une croissance de +1,9% au dernier trimestre 2011, liée à d’importants achats de matériels de transport).

Cette  baisse  des investissements des entreprises, n’en reste pas moins préoccupante, dès lors qu’ils devaient être un moteur important de la croissance en 2012.  Or, au-delà des fluctuations trimestrielles de cet indicateur, des signes attestent d’un possible essoufflement (repli de la demande de crédits des entreprises pour investissement, selon l’enquête d’avril de la Banque de France auprès des établissements de crédit), alors que les résultats des entreprises se sont profondément dégradés en 2011  (baisse des  marges et de l’autofinancement à des niveaux très inférieurs à ceux d’avant la crise). Il est à craindre que ces contraintes financières imposent aux entreprises de compromettre des programmes d’investissement, comme ceux prévus en hausse  dans l’industrie en 2012 (+6%).

L’acquis de croissance pour l’année 2012 est donc de +0,2%, avec une contribution positive des échanges extérieurs et de la demande intérieure hors stocks, et une contribution négative des stocks.

Avec une stagnation au 1er trimestre 2012, l’économie française est dans une
position intermédiaire au sein de la zone euro
. En effet, la croissance de l’ensemble de la zone euro a également été nulle au 1er trimestre 2012. Les chiffres mettent en évidence :

  • de fortes disparités entre pays membres, entre les pays du nord (+1,3% en Finlande, +0,5% en Allemagne, exception faite des Pays-Bas) et les pays du sud, dont certains sont en récession (Italie, Espagne, Portugal notamment).
  • un contraste marqué avec une économie américaine toujours en croissance  (+0,5%, +2,1% sur un an).

Selon une première estimation de l’INSEE, les effectifs salariés du secteur marchand non agricole se sont légèrement accrus au 1er trimestre 2012 après deux trimestres consécutifs de baisse : +10 200 emplois, après -22 600 au 4ème trimestre 2011 et -31 400 au 3ème trimestre. 

Cette légère hausse des effectifs début 2012 provient essentiellement du tertiaire marchand hors intérim (+25 000). Les effectifs se sont en revanche réduits dans l’industrie (-9 100) et dans la construction (-4 300). Il faut souligner, par ailleurs, que les réductions d’emplois dans l’intérim sont nettement moins importantes : -1 300 postes contre -21 100 au 4ème trimestre 2011.

Entre le 1er trimestre 2011 et le 1er trimestre 2012, les créations d’emploi du secteur marchand non agricole ont fortement ralenti pour quasiment stagner (+3 000 postes, après +67 300 au 4ème trimestre 2011). Les créations dans le tertiaire marchand ont un plus que compensé les pertes dans la construction et dans l’industrie.


L’indice des prix à la consommation a augmenté de +0,1% en avril 2012 en données brutes (+0,8% en mars), mais est resté stable en données CVS (+0,4% en mars). Cette stagnation résulte d’une baisse des prix des produits énergétiques (-0,9%) et d’une légère hausse des prix des produits manufacturés (+0,1%) et des services (+0,2%).
Sur un an, les prix à la consommation ont augmenté de +2,1%, confirmant ainsi le ralentissement observé depuis la fin de l’année 2011.

Entre janvier et avril 2012, la hausse des prix a été de +0,5% (+1,9% l’an). Elle se retrouve dans toutes les grandes catégories de produits et services. A noter en particulier : la hausse de +4,7% des prix des produits alimentaires frais (+20,2% l’an).

Hors tarifs publics, énergie et produits frais, l’inflation sous-jacente a été de +2% l’an sur trois mois en avril (+1,4% sur un an).

 


En avril 2012, les créations d’entreprises se sont contractées de -9,8% par
rapport au mois précédent
(soit -4 978), après une hausse de +8,3% en mars. Cette baisse recouvre une contraction forte des créations d’auto-entreprises (-14,1%) et plus modérée des créations hors auto-entrepreneurs (-3,5%).

Au-delà des variations mensuelles, les créations d’entreprises des trois derniers mois connus (février-mars-avril) ont légèrement augmenté par rapport aux trois mêmes mois de l’année précédente (+0,9%). Cette légère hausse résulte d’une baisse des créations hors auto-entrepreneurs (-5,9%) plus que compensée par la hausse de celles des auto-entrepreneurs (+6,6%).

Cette évolution se retrouve dans les services marchands, ces derniers recouvrant des évolutions contrastées : +14,5% dans l’information et la communication mais -2,8% dans l’immobilier. En revanche, les créations dans l’industrie et dans la construction ont été nettement plus dynamiques (respectivement +7,8% et +4,4%). Les créations dans le commerce se sont contractées de -3,9%.

Au total, les créations d’entreprises hors auto-entrepreneurs ont été de 20 354 en moyenne sur les trois derniers mois connus, chiffre inférieur de 7% à la moyenne 2000-2011.


La Commission européenne vient de publier ses dernières prévisions de croissance pour 2012 et 2013 (Spring Forecast 2012).

Deux remarques sur 2012 :

  • Contraste entre la récession européenne (-0,3%) et la croissance prévue aux Etats-Unis (+2%) et au Japon (+1,9%) ;
  • Confirmation des fortes disparités entre les Etats membres de la zone euro : récession dans sept pays, dont notamment la Grèce (-4,7%, pour la 5ème année consécutive), le Portugal (-3,3%) et, dans une moindre mesure, l’Espagne (-1,8%) et l’Italie (-1,4%) ; croissance très modeste notamment en Allemagne (+0,7%), et plus encore en France (+0,5%) et en Irlande (+0,5%).

Deux remarques sur 2013 :

  • Croissance du PIB dans tous les pays de la zone euro, à l’exception de l’Espagne qui sera encore en récession (-0,3%) et de la Grèce, dont la croissance sera nulle ;
  • Rythmes là encore disparates : allant de +0,3% en Italie à +3,8% en Estonie, en passant par +1,3% en France et +1,7% en Allemagne.

A noter : ces prévisions de croissance du PIB français pour 2012 (+0,5%) et 2013 (+1,3%) sont plus faibles que celles du Programme de stabilité de la France pour 2012-2016 (respectivement +0,7% et +1,7%). Ceci va rendre encore plus contraignant l’indispensable redressement de nos finances publiques en 2012 et 2013.


La Commission européenne vient de publier ses dernières prévisions des finances publiques pour 2012 et 2013 (Spring Forecast 2012). Quelques observations :

  • Poursuite de la réduction du déficit dans la plupart des pays de la zone euro, à l’exception de l’Autriche, du Portugal, de l’Estonie, du Luxembourg et de la Finlande ;
  • Situation de la zone euro, considérée globalement, (-3,2% en 2012) nettement plus favorable que celle des Etats-Unis (-8,3%), comme celle du Japon (-8,2%) ou du Royaume-Uni (-6,7%) ;
  • Retour à l’équilibre du solde primaire (avant charges d’intérêt de la dette) de la zone euro dès 2012, mais avec des disparités entre les Etats membres : excédent de +1,7% en Allemagne et de +3,4% en Italie mais déficit de -1,9% en France et de -4,3% en Irlande ;
  • Divergence préoccupante de trajectoire des finances publiques entre la France et  l’Allemagne. L’Allemagne s’approche de l’équilibre et voit sa dette se réduire dès 2013 (80,7% du PIB). En revanche, le déficit public de la France resterait encore supérieur à 4% du PIB et la dérive de la dette se poursuivrait de manière significative pour atteindre 92,5% du PIB en 2013 (+6,7 points de PIB entre 2011 et 2013, -0,5 point pour la dette allemande).


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