Une baisse de 40 GW du nucléaire en France nécessiterait 65 GW d’énergies renouvelables

Dans son dernier bilan prévisionnel de l’équilibre entre l’offre et demande d’électricité en France, le Réseau de transport d’électricité (RTE) considère qu’une réduction du parc nucléaire français de 25 GW à l’horizon 2030 nécessiterait un renforcement du parc de production d’énergies renouvelables avec 40 GW d’éolien et 25 GW de photovoltaïque.

Cette baisse de la part du nucléaire serait également conditionnée à une maîtrise de la demande d’énergie, à un doublement des capacités d’échanges transfrontaliers, et à une puissance de dix gigawatts de nouvelle production de pointe ou d’effacement de consommation.

Dans l’hypothèse d’une baisse du nucléaire, la consommation nationale d’électricité passerait de 554,3 TWh à 530,2 TWh. La part des renouvelables passerait de 28,5 à 37,8 % par rapport au scénario de référence pour 2030 établi par RTE. Cette maîtrise de la demande nécessaire se ferait dans un contexte de développement pourtant très soutenu d’usages de l’électricité tels que le véhicule électrique et les pompes à chaleur.

Il convient de noter également qu’en cas de réduction du parc nucléaire les émissions de CO2 du secteur électrique français augmenteraient à 23,1 millions de tonnes de CO2 contre 15,7 millions pour le scénario de référence. Outre la nécessité de disposer de 10 GW de puissance complémentaire, la production liée aux énergies fossiles (charbon, gaz, fioul, etc.) serait plus élevée dans le cas du scénario bas nucléaire en dépit d’une capacité identique pour les deux scénarios.

Ce scénario « bas nucléaire » a été étudié à la demande du ministère de l’Energie à la suite de la catastrophe de Fukushima.

Cette évaluation ne prend pas en compte les problèmes de congestion, de sûreté et de stabilité du système électrique posés par une telle évolution du parc. Pour RTE, le scénario « bas nucléaire » pourrait en fait correspondre à une durée d’exploitation des centrales actuelles de 40 ans, avec le remplacement ou la prolongation d’une tranche sur deux.

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